Dimanche 21 juin 2026. Comme partout en France, la musique se fête à Montpellier. Chaque recoin de la ville chante, vibre et danse aux sons des fanfares, des musiciens professionnels et des passionnés venus partager leur univers.
Ce soir-là, j’ai posé mon regard et mon boîtier au Pub la Chistera. C’est un lieu à l’ambiance chaleureuse, familiale et conviviale, où l'on vient pour passer un bon moment, en groupe ou en solo. Pour l’occasion, le bar avait investi la rue attenante en y installant une scène et une buvette extérieure pour abreuver la foule en bières et autres fraîcheurs.
À 16h, ce sont les habitués et fidèles du karaoké hebdomadaire, triés sur le volet, qui ont ouvert le bal pour une session live. Après quelques réajustements techniques, les chanteurs ont peu à peu habité et enflammé la scène pour donner leur meilleure performance. Chacun y mettait sa personnalité, son vécu, ses goûts et son énergie, offrant des prestations riches et colorées. Autour, la magie opère déjà : des applaudissements et acclamations surgissent, des passants pressés traversent la rue en dansant, des curieux s’arrêtent le temps d’une chanson, et d’autres commandent une bière en attendant le groupe suivant…
Puis, après deux heures de show des chanteurs du karaoké, les balances s'estompent pour laisser place au premier groupe de la soirée : Cougar Sugar. Dès les premières notes, on change de style. Tatouage éphémère arboré fièrement sur le bras, le groupe prend possession de la rue et installe une atmosphère chill et enveloppante, le genre de musique idéale à écouter en fond, un verre à la main. 
Sous la lumière dorée et rasante de la fin d'après-midi, le groupe crée une ambiance chaleureuse, apportant comme un air de vacances dans cette rue de la ville à deux pas de la Gare. 
C’est la dolce vita à la Montpelliéraine. 
C'est un régal à photographier. Le guitariste, casquette vissée sur la tête et lunettes de soleil en place, accompagne le rythme, les yeux rêveurs tendus vers le ciel bleu de fin d’après-midi de Montpellier. À ses côtés, la chanteuse insuffle une dynamique solaire, habitant chaque refrain derrière son micro ou faisant vibrer son tambourin au rythme de la musique. La complicité est totale entre les musiciens, et les sourires partagés sur scène ne trompent pas.
Le voyage musical continue en toute intimité avec l'arrivée d'Outback. Ce groupe local aux accents résolument internationaux réunit un chanteur irlandais, un guitariste australien, ainsi qu’un bassiste et un batteur venus tout droit de… Montpellier ! Ensemble, ils proposent une approche artistique super intéressante : revisiter les grands standards de la musique anglophone des années 60 à nos jours, mais entièrement en version acoustique et épurée. Des Beach Boys aux Beatles, en passant par Chris Isaak ou les Rolling Stones, jusqu'à des morceaux d'ordinaire plus électriques comme ceux de Green Day, de Nirvana, de U2 ou des Foo Fighters... Tout est réinterprété avec une immense douceur. Le groupe y glisse également quelques compositions originales qui se fondent à merveille dans cet univers feutré. 
Sous le soleil qui commence à descendre et à dessiner des ombres graphiques sur la scène, les morceaux rock cultes, ainsi ralentis et réinventés, apportent une vraie touche de poésie et de nostalgie dans la rue. L’ambiance est si intimiste que la barrière entre les musiciens et la foule s’efface : le public, suspendu aux mélodies, leur renvoie les paroles et chante en chœur dans une complicité parfaite, alors que le ciel montpelliérain change doucement de couleur.
Pendant que le prochain groupe s'installe, l'événement prend une tournure encore plus conviviale avec le lancement de la distribution de la paella géante, cuisinée spécialement pour l'occasion. Réalisée d'une main de maître par le cuistot du bar, elle s'avère aussi belle que bonne. C'est un régal visuel : les couleurs vives des citrons, des crevettes et du persil frais s'entremêlent dans le plat géant. C'est d'ailleurs à ce moment-là, alors que les assiettes se remplissent et que les sourires s'affichent sur les visages, que j'ai pu m'éclipser discrètement pour prendre ma propre pause bien méritée ! 
Une petite respiration gourmande idéale pour recharger les batteries avant la suite des festivités.
À mon retour, le contraste est saisissant. Je suis instantanément happée par le dynamisme de Termomix Chaton, un groupe de la région au style vestimentaire loufoque et à l'univers musical totalement décalé. Le groupe ose des mélanges de genres improbables : une flûte traversière qui dialogue avec une guitare électrique, une basse et une batterie, le tout posé sur de grands classiques pop, punk, folk et rock des années 2000. 
Le spectacle est total et l'ambiance virevolte. C'est un savant mélange d'humour, de fun et de dérision qui donne instantanément le sourire. Sous les projecteurs colorés du début de nuit et une pluie fine de bulles de savon – projetées avec amour par la famille du groupe juste à côté de la scène –, les rires éclatent et l'ambiance devient follement joyeuse. Dans le public, l'énergie est contagieuse : les bras se lèvent, les gens sautent et s'en donnent à cœur joie ensemble. Une véritable bouffée de bonne humeur qui électrise la rue !
Et puis, en fin de soirée, alors que je m'apprêtais à partir, j'ai été littéralement happée par l'énergie folle et communicative de Pogosticks. Ce tribute band au style punk rock reprend avec brio les morceaux et les mimiques cultes des Red Hot Chili Peppers. Sous la nuit noire désormais bien installée, les jeux de lumières colorées enveloppent la scène d'une brume aux multiples couleurs, apportant un côté poétique, presque onirique, qui donne une tout autre dimension au spectacle. Ce contraste entre l'obscurité et les éclats de lumière est un vrai terrain de jeu pour capturer l'intensité du moment. 
Un groupe survolté qui a enflammé la scène et la rue, prolongeant la fête et vibrant avec le public jusqu'au bout de la nuit.

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